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2025 restera comme une année charnière dans l’histoire de la cybersécurité française et européenne.

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  • il y a 4 jours
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2025 année noir - Record de fuite de données
2025 année noir - Record de fuite de données

Une année que beaucoup d’experts qualifient déjà, sans exagération, d’année noire. Jamais auparavant autant de données personnelles n’avaient circulé hors de tout contrôle, jamais la surface d’attaque n’avait été aussi vaste, jamais la frontière entre vie numérique et vie réelle n’avait été aussi brutalement franchie.

Au fil des mois, les alertes se sont succédé. D’abord discrètes, presque techniques, relayées par quelques communiqués laconiques. Puis de plus en plus fréquentes, jusqu’à devenir un bruit de fond permanent. Un hôpital touché ici, une administration là, une grande entreprise demain. À la fin de l’année, le constat est sans appel : plus de 600 millions de données personnelles compromises, aspirées, revendues, recyclées, parfois exploitées à des fins criminelles.


Lorsque Ministère de l’Intérieur, La Poste, SFR, Air France, Louis Vuitton ou encore Carrefour apparaissent dans des révélations de fuites de données, il ne s’agit plus de simples incidents isolés. C’est tout un écosystème qui vacille. Des acteurs publics, des groupes privés, des opérateurs de services essentiels, des plateformes numériques : personne n’a été réellement épargné.


Derrière ces noms connus se cache une réalité moins visible mais bien plus préoccupante. Chaque fuite n’est pas qu’un problème informatique ou une ligne dans un rapport de conformité. Ce sont des identités exposées, des habitudes de vie révélées, parfois des données médicales, des coordonnées bancaires, des historiques de navigation, des informations familiales ou professionnelles. Autant d’éléments qui, pris séparément, semblent anodins, mais qui, une fois agrégés, deviennent une arme redoutable entre les mains de cybercriminels.


Les fuites de données de l'année 2025:


Ministère de l'Intérieur,  

HelloWork,  

La Poste,  

Une 20aine de Fédération Française du Sport,  

Mondial Relay,  

Colis Privé,  

Chronopost,  

Ministère des Sports,  

SFR,  

Euromatik,  

Cuisinella,  

Médecin Direct,  

Leroy Merlin,  

France Travail,  

AG2R la Mondiale,  

+1000 Mairies,  

Murfy,  

Michelin,  

Resana,  

Pajemploi,  

Eurofiber,  

Weda,

France Travail,  

Fédération Française de Tir,  

+8 Agences Régionales de Santé,  

Mango,  

Auchan,  

Air France,  

Bouygues Telecom,  

Louis Vuitton,  

Sorbonne Université,  

Centre National de la Fonction Publique Territoriale,  

Union Nationale du Sport Scolaire,  

Hôpital privé de la Loire,  

Disneyland,  

Cartier,  

Autosur,  

Dior,  

Cerballiance,  

Carrefour Mobile,  

Easy Cash,  

Indigo,  

Afflelou,  

Hertz,  

Harvest,  

MAIF & BPCE,  

Intersport,


Une industrialisation du vol de données


Ce qui frappe en analysant 2025, ce n’est pas seulement le volume des fuites, mais leur nature systémique.

Les données sont collectées, triées, enrichies, revendues, puis exploitées dans des chaînes de valeur criminelles bien rodées.


Les bases fuitées alimentent des campagnes de phishing toujours plus crédibles. Les informations récupérées permettent de personnaliser les attaques, d’adapter le ton, le vocabulaire, la signature graphique. Le courriel frauduleux n’est plus approximatif : il ressemble à s’y méprendre à un message officiel. Logo conforme, charte graphique respectée, références précises à des services que vous utilisez réellement. La confiance est attaquée à la racine.


Et c’est là que le danger devient massif. Car le phishing de 2026 ne sera pas celui d’hier.


Le phishing
Le phishing

Comment s’en protéger ?


Les filtres anti-spam des messageries électroniques font aujourd’hui un travail relativement efficace. Une grande partie des emails frauduleux est automatiquement détectée et redirigée vers le dossier spam. La règle de base est donc simple et doit devenir un réflexe : ne jamais cliquer sur un lien provenant d’un email classé comme spam, sauf si vous connaissez parfaitement la source et que vous êtes absolument certain de sa légitimité.


Le problème, c’est que certains emails de phishing sont désormais beaucoup mieux conçus, mieux structurés et plus crédibles. Ils parviennent à contourner les filtres et arrivent directement dans la boîte de réception principale. Très souvent, ils prennent la forme d’un email de contact, d’information ou de notification officielle, avec une accroche soignée, des éléments personnels et un design qui imite presque parfaitement celui d’un service légitime.


Ces messages reposent quasiment toujours sur les mêmes mécanismes.

D’abord, l’accroche. Elle peut évoquer une récompense, un gain en attente, un remboursement, ou au contraire un avertissement inquiétant indiquant qu’une action urgente est nécessaire. Le message cherche à provoquer une réaction rapide, émotionnelle, sans laisser le temps de réfléchir.


Ensuite, le ton. Il est très souvent alarmiste, pressant, parfois même menaçant. Il peut s’agir d’un compte qui serait bloqué, d’un colis en attente, d’un accès suspendu ou d’une offre valable pour une durée très limitée. L’objectif est de créer un sentiment d’urgence artificielle.


Vient ensuite la crédibilité. L’email tente de rassurer et de convaincre en utilisant des informations personnelles : votre prénom, votre adresse email, parfois même un service que vous utilisez réellement. C’est précisément là que les fuites de données massives prennent tout leur sens : elles permettent aux cybercriminels de personnaliser leurs attaques.

Enfin, il y a toujours un lien. C’est l’élément central. Tout est fait pour vous pousser à cliquer : bouton bien visible, texte rassurant, fausse page de connexion qui ressemble à l’originale.


Alors, comment détecter le vrai du faux ?


Avant toute chose, il faut intégrer une règle fondamentale : les sites sérieux, les grandes entreprises et les organismes d’État n’incluent jamais votre adresse personnelle ni vos informations sensibles dans un email, sauf cas très précis comme la confirmation d’un rendez-vous que vous avez vous-même demandé.Un email qui contient trop d’informations personnelles, qui “parle trop de vous”, doit immédiatement éveiller la méfiance.


Aujourd’hui, la majorité des communications gouvernementales ou administratives se contentent d’informer. Elles vous invitent ensuite à vous connecter à votre espace personnel par vos propres moyens, via l’application officielle ou le site que vous connaissez déjà. Elles ne demandent jamais de se connecter via un lien direct dans l’email.


En cas de doute, la règle est simple : ne cliquez pas. Ouvrez plutôt votre navigateur et recherchez vous-même le site officiel de l’organisme concerné via Google ou votre moteur de recherche habituel. Si une information est réelle, elle existera aussi sur votre espace personnel.


Il existe également un test très efficace, souvent méconnu. Copiez le lien présent dans l’email, sans l’ouvrir, puis collez-le dans un simple fichier texte. Vous verrez alors l’adresse réelle du lien. Dans la majorité des cas de phishing, le masque tombe immédiatement : URL incohérente, nom de domaine étrange, succession de lettres et de chiffres sans logique. Vous êtes face à un domaine jetable, typique d’une attaque de phishing.


Et si malgré tout vous avez cliqué ?


Il est important de le dire clairement : il n’y a aucune honte. Cela arrive à tout le monde. Une fin de journée, un week-end, la fatigue, la précipitation, une simple inattention. Les cybercriminels exploitent précisément ces moments-là.

Pas de panique non plus. Ils ne sont pas derrière chaque site de phishing 24h sur 24 à attendre votre saisie. Dans de nombreux cas, vous avez encore le temps de réagir.


La première chose à faire est de vous rendre immédiatement sur le véritable site officiel du service concerné et de changer votre mot de passe.Si ce mot de passe est utilisé ailleurs — sur d’autres comptes ou d’autres adresses email — alors il faut tous les changer, sans exception. Ce mot de passe doit être considéré comme définitivement compromis, comme “grillé”.


En agissant rapidement, les identifiants récupérés par les cybercriminels deviennent obsolètes et inutilisables. Une donnée volée mais déjà changée est une donnée morte.


La vigilance, aujourd’hui, n’est plus une option. C’est une compétence de base. Et face à des attaques de plus en plus sophistiquées, le meilleur rempart reste encore l’attention et le bon réflexe humain.




Annexe juridique – Cadre légal du piratage informatique et des fuites de données (France / UE)


Les fuites de données et les actes de piratage informatique ne relèvent pas d’une zone grise juridique. En droit français comme en droit européen, l’accès frauduleux à un système informatique, la collecte illégale de données et leur exploitation sont pénalement réprimés, que l’auteur soit un individu isolé, un groupe organisé ou une entité structurée.


1. L’accès frauduleux à un système informatique


Le Code pénal français encadre strictement les atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données (STAD).

L’article 323-1 du Code pénal sanctionne le fait d’accéder ou de se maintenir frauduleusement dans tout ou partie d’un système informatique, même sans altération des données.La simple intrusion, sans vol ni destruction, constitue déjà une infraction pénale.


Les peines encourues peuvent aller jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 60 000 € d’amende, et sont aggravées lorsque l’intrusion entraîne une modification, une suppression ou une extraction de données.


Lorsque l’attaque vise une administration, un service public ou une infrastructure sensible, les sanctions sont renforcées.


2. Le vol, l’extraction et la revente de données


Le fait d’extraire, copier ou détourner des données issues d’un système informatique constitue une infraction distincte.Dès lors que des données personnelles sont récupérées, stockées, revendues ou exploitées sans autorisation, plusieurs qualifications pénales peuvent s’appliquer :


  • vol de données,

  • recel de données issues d’une infraction,

  • atteinte à la vie privée,

  • complicité lorsqu’il existe une chaîne de revente ou d’exploitation.


La revente de bases de données sur des forums, messageries chiffrées ou places de marché clandestines constitue une circonstance aggravante, notamment lorsqu’elle alimente des campagnes de phishing, d’escroquerie ou d’usurpation d’identité.


3. Données personnelles et RGPD


Au niveau européen, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) impose aux organisations une obligation de sécurité renforcée concernant les données personnelles qu’elles traitent.


Lorsqu’une fuite de données survient, l’organisme concerné doit :


  • notifier l’autorité de contrôle compétente (en France, la CNIL),

  • informer les personnes concernées lorsque la fuite présente un risque élevé pour leurs droits et libertés,

  • mettre en œuvre des mesures correctives immédiates.


Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions administratives très lourdes, pouvant atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial annuel, selon le montant le plus élevé.


Il est important de rappeler que le RGPD ne vise pas uniquement les grandes entreprises. Les PME, associations, collectivités locales et établissements publics sont également concernés.


4. Responsabilité des victimes et des utilisateurs


D’un point de vue juridique, les victimes de piratage ou de phishing ne sont pas pénalement responsables du simple fait d’avoir cliqué sur un lien ou d’avoir été trompées.L’erreur humaine ne constitue pas une infraction.


En revanche, une négligence grave et répétée peut, dans certains contextes professionnels, engager une responsabilité disciplinaire ou contractuelle, notamment lorsque des règles internes de sécurité n’ont pas été respectées.

Pour les particuliers, la priorité reste la réaction rapide : changement des mots de passe, signalement des faits, et dépôt de plainte si nécessaire.

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