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Doxxing, diffamation, harcèlement : vos droits et les actions pour vous défendre

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    Admin
  • 9 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Comprendre et réaffirmer vos droits


Vos droits à l'oublie
Vos droits à l'oublie

Lorsqu’une personne est doxée, diffamée, ou harcelée sur Internet, un même vertige revient toujours :celui de la peur, du désarroi, et de l’impression de perdre pied. Comme si un morceau de votre intimité vous échappait d’un coup, exposé aux yeux de tous.


Ce premier moment est brutal.Il chamboule. Il fait vaciller.

Mais même si tout semble s’effondrer, une chose demeure vraie :

Vous n’êtes pas impuissant. Vous avez des droits. Et vous pouvez les exercer.

Après ce premier choc, prenez une respiration, un pas de recul. Nous vous conseillons également la lecture de notre guide complémentaire :« Guide psychologique et juridique pour les victimes de doxxing et de cyberharcèlement », qui aide à comprendre l’impact émotionnel de ces situations.


Se détacher émotionnellement : un geste de survie


Se détacher émotionnellement : un geste de survie
Se détacher émotionnellement : un geste de survie

Avant d’agir, essayez autant que possible de vous désengager émotionnellement. Pas pour nier ce que vous ressentez — vos émotions sont pleinement légitimes — mais pour vous donner la clarté nécessaire pour avancer.


Imaginez que vous traitez cette affaire pour quelqu’un d’autre, comme si vous étiez un juriste mandaté. Ce petit repositionnement intérieur permet souvent de réduire le stress et de suivre la procédure avec plus de sérénité.


Si l’émotion est trop forte :demandez de l’aide. À un proche, à un professionnel, ou à une association comme la nôtre. Vous n’avez pas à traverser cela seul.


Préambule juridique : le RGPD, votre rempart


RGPD votre droit
RGPD votre droit


Le RGPD vous donne un droit fondamental, simple dans son principe, immense dans sa portée :


Vous avez le droit de décider de la vie ou de la mort de vos données personnelles.

Cela inclut :

  • votre nom,

  • votre prénom,

  • votre adresse,

  • vos emails,

  • vos numéros de téléphone,

  • vos identifiants,

  • vos photos,

  • toute information permettant de vous reconnaître.


Que ces données soient issues d’un réseau social, d’un forum, d’une base publique détournée ou d’un site étranger, cela ne change rien : vous avez le droit d’en exiger l’effacement.


L’ensemble du processus repose sur une montée progressive et méthodique, une escalade juridique légitime, étape par étape.


1. Contacter les responsables du site


C’est la première marche, la plus simple.

Parcourez le site, repérez :

  • un formulaire de contact,

  • une adresse e-mail,

  • la page “Mentions légales”,

  • la page “Conditions générales”.


Écrivez-leur poliment mais fermement.Identifiez précisément les contenus visés et invoquez votre droit au titre du RGPD.


2. Contacter l’hébergeur du site


Si le site vous ignore, passez à l’étape suivante : l’hébergeur.

Il s’agit de l’entreprise qui stocke techniquement le site sur ses serveurs. Elle a des obligations légales :elle doit agir si elle est informée d’un contenu illicite.


Comment trouver l’hébergeur ?


C’est très simple :


1) Obtenir l’adresse IP du site

Rendez-vous ici :👉 https://www.iplocation.net/

Entrez le nom de domaine.Vous verrez apparaître une ou plusieurs adresses IP.


2) Identifier l’hébergeur

Copiez l’une de ces IP, puis allez ici :👉 https://ipinfo.io/

Là, vous verrez :

  • le nom de l’hébergeur,

  • ses coordonnées,

  • et très souvent l’adresse abuse@ à contacter.


Que mettre dans votre message ?


Lorsque vous écrivez à l’hébergeur :

  • mettez en copie les responsables du site qui vous ont ignoré (cela crée un effet de pression légitime),

  • invoquez le RGPD,

  • invoquez la LCEN (Loi pour la Confiance dans l’Économie Numérique), qui impose aux hébergeurs de retirer promptement les contenus manifestement illicites.


Voici les formulations types à ajouter :


Mention RGPD :

« Conformément au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD – articles 12, 17 et 21), je vous demande l’effacement immédiat de mes données personnelles diffusées sans mon consentement. »

Mention LCEN :

« En vertu de la LCEN (article 6.I-2 et 6.I-3), vous avez l’obligation de retirer promptement un contenu illicite dès lors que vous en avez connaissance. Je vous mets donc formellement en demeure d’agir. »


3. Contacter le registrar (bureau d’enregistrement du domaine)


Si le site et l’hébergeur laissent traîner ou refusent d’agir, vous contactez le registrar.

Le registrar gère le nom de domaine, pas le contenu. Mais il peut suspendre un domaine si celui-ci sert à diffuser des contenus illicites.


Comment trouver le registrar ?

Allez simplement ici :👉 https://who.is

Vous y trouverez :

  • le registrar,

  • ses coordonnées,

  • et souvent l’e-mail abuse@ dédié.


Dans votre message au registrar :


Rappelez :

  • la violation du RGPD,

  • les obligations de la LCEN,

  • et la jurisprudence renforcée depuis l’affaire Samuel Paty, qui impose une vigilance accrue aux acteurs techniques dès lors qu’un contenu peut nuire à une personne identifiée.


4.Déposer une plainte à la CNIL


Si malgré tout, la situation persiste, vous pouvez saisir la CNIL, l’autorité française chargée de faire respecter les droits liés aux données personnelles.


La CNIL peut :

  • obliger un site à effacer vos données,

  • contraindre un acteur étranger à se mettre en conformité,

  • sanctionner un responsable,

  • ou imposer un retrait immédiat.


C’est l’ultime étape d’une procédure méthodique, légitime, et entièrement fondée sur vos droits.


5.Tips et contre-attaque


Contre attaque
Contre attaque

Les objections : comment répondre avec calme et fermeté


Sur votre route, vous rencontrerez plusieurs types de réactions :


✔ Certains effaceront immédiatement, sans même répondre

C’est fréquent, et parfait.Ne cherchez pas plus loin.


✔ Certains ne répondront jamais

Continuez simplement l’escalade (hébergeur → registrar → CNIL).


✔ D’autres tenteront des arguments fallacieux

Vous entendrez parfois :

  • « C’est une donnée publique, vous l’avez vous-même publiée. »

  • « C’est la liberté d’expression. »

  • « À vous de prouver que ce n’est pas vrai. »

  • « Nous ne contrôlons pas le contenu. »


Voici ce qu’il faut retenir :


Ils ne contrôlent peut-être pas le contenu. Mais ils contrôlent sa diffusion. Et c’est cela qui engage leur responsabilité.

Certains vous répondront avec une assurance feinte, ou des discours volontairement confus destinés à décourager les victimes.

Ne rentrez jamais dans ces argumentations toxiques.


✔ Votre seule réponse doit rester juridique et sobre


Rappelez simplement :


RGPD – Articles clés à citer :

  • Article 12 : droit à une procédure simple et transparente.

  • Article 17 : droit à l’effacement (« droit à l’oubli »).

  • Article 21 : droit d’opposition au traitement des données.


LCEN – Articles clés à citer :

  • Article 6.I-2 : responsabilité des hébergeurs lorsqu’ils sont informés d’un contenu illicite.

  • Article 6.I-3 : obligation de retirer promptement un contenu manifestement illicite.


Vous ne discutez pas. Vous affirmez. Puis vous attendez.


Après les 4 étapes : recommencer autant que nécessaire


Ne vous découragez pas.Répétez ces étapes autant de fois que nécessaire pendant 30 jours.


Et faites-le avec le sourire si vous le pouvez :vous devenez à votre tour le “harceleur administratif”, mais pour une cause juste : votre droit à l’oubli.


Envoyez des relances. Multipliez les plaintes abuse@. Insistez. Soyez persévérant, déterminé, calme.


C’est ainsi que l’on finit par obtenir gain de cause.


TIP : Un conseil étonnant mais très efficace


Pour les entreprises françaises :

Laissez un numéro où l’on peut vous joindre.

Si vous ne souhaitez pas exposer votre propre numéro, utilisez un numéro relais (des services légaux existent pour cela).


Pourquoi ? Parce que, parfois, lorsque vous avez envoyé :

  • des demandes RGPD,

  • des plaintes LCEN,

  • des mails à l’hébergeur,

  • des mails au registrar…

… le responsable finit par vous appeler pour négocier.


Oui, cela arrive souvent.


Grâce à ce contact direct, nous avons parfois obtenu :

  • un effacement immédiat au téléphone,

  • ou, à défaut,

  • un masquage des données sensibles,

  • plus un déréférencement via la balise :

  • <meta name="robots" content="noindex">


C’est une victoire. Et elle est parfaitement légitime.


Vous n’êtes pas seul — et vous ne serez plus jamais une victime silencieuse


Tout ce processus n’est pas un combat contre un mur :c’est une démarche pour reprendre votre place, votre intimité, votre dignité.


Vous avez des droits.Vous avez des recours.Et, surtout, vous avez des alliés.

Notre association WAAD est là pour vous accompagner, pas à pas, humainement et juridiquement.


Avec vous.Pour vous. Et tant qu’il le faudra.

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