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Guide complet : Comment faire désindexer de Google et Bing un contenu qui viole vos droits personnels

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    Admin
  • 11 déc. 2025
  • 8 min de lecture
désindexer de Google
désindexer de Google

Lorsqu’un contenu malveillant vous vise – une publication contenant vos données personnelles, un doxxing, une diffamation, des accusations mensongères ou toute autre atteinte grave à votre vie privée – il est essentiel de comprendre un principe simple : tant que Google et Bing indexent ce contenu, il continue d’exister aux yeux du monde.


On estime qu’en supprimant un contenu de Google, vous éliminez environ 80 % du problème. La visibilité mondiale repose essentiellement sur ce moteur.


En agissant aussi sur Bing, vous effacez encore environ 19 % de l’exposition.


Ensemble, ces démarches réduisent de manière massive l’impact du contenu nocif et coupent l’herbe sous le pied de vos harceleurs : ils auront travaillé pour rien.


Bien sûr, Google et Bing ne sont que des moteurs. Ils ne suppriment pas le contenu sur le site d’origine, ils se contentent de le retirer des résultats de recherche.


À terme, il faudra toujours compléter votre démarche par une demande directe auprès du site qui diffuse l’atteinte – nous avons d’ailleurs consacré un guide complet à ces actions : Doxxing, diffamation, harcèlement : vos droits et les moyens de vous défendre.


Mais concentrons-nous ici sur la désindexation.


Comprendre les démarches auprès de Google


Comprendre Google
Comprendre Google

Google met en avant plusieurs formulaires, chacun correspondant à un cadre juridique différent. Une confusion s’installe souvent chez les victimes : lequel utiliser ? Pourquoi certains fonctionnent mieux que d’autres ? Pourquoi Google refuse-t-il massivement des demandes pourtant légitimes ?


La première chose à savoir est que Google refuse environ 80 % des demandes de retrait — même lorsque ce sont des avocats qui interviennent, même lorsque les atteintes sont évidentes.


Ce taux de refus ahurissant n’est pas un accident : le modèle économique de Google repose sur la conservation et l’exploitation des données. L’entreprise invoque systématiquement l’argument des “données publiques”, prétendant que certaines informations ne peuvent pas être retirées si elles figurent quelque part sur Internet.


Cet argument va pourtant à l’encontre de la position officielle de la CNIL, qui rappelle que toute donnée permettant d’identifier une personne – même publique – peut être soumise au droit à l'effacement, dès lors qu’elle cause un préjudice ou viole vos droits.


Google dispose d’un formulaire RGPD destiné à l’Europe, mais il est loin d’être idéal : il supprime uniquement les résultats visibles depuis l’Union européenne. En pratique, cela donne une sensation de protection, mais les résultats restent visibles pour le reste du monde. Autrement dit, vous pensez être protégé, mais un simple VPN contourne totalement cette “suppression”. Pour les victimes de harcèlement, ce formulaire est donc insuffisant.


Les deux formulaires réellement efficaces sont ceux dédiés au doxxing et celui fondé sur le DMCA.


Le formulaire consacré au doxxing permet de signaler la diffusion de données personnelles sensibles : numéro de téléphone, adresse, documents, éléments permettant de vous identifier ou de vous localiser, ou encore des contenus publiés dans une intention manifeste de nuire.



Le second outil est le formulaire DMCA, mobilisé lorsque vos photos, textes ou créations personnelles sont volés et réutilisés sans votre permission. Beaucoup ignorent que même vos selfies ou vos images personnelles entrent dans le cadre du droit d’auteur, ce qui vous donne une arme juridique très puissante.



Malgré tous ces outils, Google reste extrêmement difficile à convaincre.


L’exemple le plus connu est celui d’un agent immobilier canadien, accusé à tort de pédophilie, qui a passé quinze ans à tenter de faire retirer ces fausses informations. Google a ignoré toutes ses demandes, jusqu’à être condamné à plus de 500 000 $ pour dommages et intérêts.


Et malgré cette condamnation exemplaire, l’entreprise n’a quasiment rien changé à ses pratiques.


Alors comment s’en sortir ?


La clé est la persévérance. Une demande refusée aujourd’hui peut être acceptée demain par un autre modérateur, sans raison apparente.


Nous avons accompagné de nombreux cas où Google refusait quatre, cinq, dix fois d’affilée… puis acceptait soudainement de désindexer. Il faut donc conserver chaque preuve de dépôt, chaque réponse, chaque référence de dossier.


Une accumulation de plaintes crée un historique montrant votre bonne foi et votre détermination.


Si Google persiste à refuser malgré des atteintes manifestes, vous pouvez saisir le procureur de la République afin d’obtenir une ordonnance judiciaire de désindexation, voire des dommages-intérêts. Cela nécessite de bien documenter le préjudice, mais c’est une voie totalement légitime. Nous accompagnons régulièrement des victimes dans ce cadre.


Le rôle du DMCA : un outil méconnu mais extrêmement puissant


DMCA Law
DMCA Law


Le DMCA (Digital Millennium Copyright Act) est une loi américaine permettant à toute personne de demander la suppression d’un contenu violant ses droits d’auteur. Ce texte est souvent associé aux artistes ou aux œuvres culturelles, mais il s’applique également aux photos personnelles, captures, textes, vidéos ou tout contenu que vous avez créé.


Dans le cadre d’un doxxing, il est fréquent que vos photos ou vos documents privés soient repris sans votre consentement. Le DMCA est alors un moyen rapide et très efficace d’obtenir une désindexation – parfois plus rapide que le formulaire de doxxing lui-même.


Google prend les demandes DMCA beaucoup plus au sérieux, car un abus de sa part pourrait entraîner des sanctions juridiques directes aux États-Unis. C’est pourquoi nous conseillons de ne jamais négliger cette piste.


Bing : un moteur plus discret, mais souvent plus coopératif


BING
BING


Contrairement à Google, Bing se montre beaucoup plus humain et bienveillant dans le traitement des plaintes. Les démarches peuvent sembler plus techniques, mais la plateforme accepte une grande majorité des demandes, dès lors qu'elles sont argumentées.


Les formulaires DMCA et les signalements de contenu sensible fonctionnent particulièrement bien. Une fois votre demande traitée, l’effet est souvent rapide : disparition quasi-immédiate du lien incriminé.


Ne sous-estimez pas l’importance d’agir aussi sur Bing. Une fois Google assaini, ce moteur représente la majorité du résidu d’exposition. Le nettoyer permet de véritablement refermer la porte.



Faire face moralement et reprendre le pouvoir


Faire face moralement et reprendre le pouvoir
Faire face moralement et reprendre le pouvoir

Il est normal de se sentir épuisé, humilié ou démuni. Le harcèlement en ligne crée une sensation d’injustice et d’impuissance, mais la vérité est que vous avez des droits, et que des procédures existent. Les personnes qui publient ces contenus cherchent à vous isoler, à vous faire croire que rien ne peut être fait. Ce n’est pas vrai. Chaque signalement, chaque demande envoyée, chaque refus archivé est un pas vers la reprise de contrôle.


Les harceleurs détestent une chose : l’invisibilité. Le jour où leurs attaques cessent d’apparaître sur Google, ils ont perdu. Ce sont eux qui restent dans l’ombre, eux qui auront travaillé pour rien.


Un dernier mot de soutien


Ne restez pas seul. La désindexation est un combat technique, parfois ingrat, mais vous n’avez pas à le mener sans aide. Notre association accompagne gratuitement les victimes dans ces démarches, en expliquant les étapes, en rédigeant avec vous les signalements, et en intervenant lorsque les plateformes tentent de se dérober à leurs responsabilités.


Si vous êtes victime d’un doxxing, d’une diffamation ou d’une atteinte grave à votre vie privée, sachez que ce combat se gagne. Pas toujours en un jour, rarement en une seule demande, mais toujours avec persévérance, méthode et soutien.


Vous n’êtes pas seul, et vous avez des droits.





Annexe juridique – Cadre légal applicable à la désindexation et à la suppression de contenus en ligne



Cette annexe présente les principaux textes de loi et jurisprudences permettant d’obtenir la suppression ou la désindexation de contenus portant atteinte à vos droits personnels. Elle vise à donner à chaque victime une vision claire des leviers juridiques existants, tant en France qu’au niveau européen, ainsi que les obligations précises des moteurs de recherche et des sites hébergeurs.


1. La LCEN et la responsabilité des hébergeurs


La Loi pour la Confiance dans l’Économie Numérique (LCEN), entrée en vigueur en 2004, encadre la responsabilité des sites internet et des hébergeurs en France. Elle établit un principe simple : un hébergeur n’est pas responsable a priori des contenus publiés sur son service, mais il devient pleinement responsable dès qu’il a connaissance d’un contenu manifestement illicite et qu’il ne le retire pas promptement.


Cela inclut : la diffamation, l’injure, l’atteinte à la vie privée, le harcèlement, l’usurpation d’identité, la diffusion non consentie d’images, les données personnelles publiées sans accord (doxxing), ou tout autre contenu portant atteinte aux droits d’une personne.


Lorsqu’une victime informe un site ou un hébergeur d’un contenu illicite, celui-ci a l’obligation légale d’agir rapidement. En cas de refus ou d’inaction, sa responsabilité civile et pénale peut être engagée. Les moteurs de recherche ne sont pas explicitement visés par la LCEN, mais les décisions de justice tendent à leur appliquer une obligation d'effacement dès lors que la victime démontre un préjudice manifeste.


2. Le RGPD et le “droit à l’effacement” (droit à l’oubli)


Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), applicable depuis 2018, donne aux citoyens européens un droit fondamental : le droit d’obtenir l’effacement de données personnelles les concernant lorsqu’elles sont inexactes, excessives, préjudiciables, ou publiées sans leur consentement.


Une donnée personnelle peut être votre nom, votre adresse, votre numéro de téléphone, vos photos, vos vidéos, ou toute information permettant de vous identifier. Lorsque ces données apparaissent dans un contenu de harcèlement, de doxxing, ou de diffamation, le droit à l’effacement s’applique pleinement.


Les moteurs de recherche sont considérés comme des “responsables de traitement” au sens du RGPD. Ils doivent donc supprimer les résultats renvoyant vers des contenus portant atteinte aux droits de la personne, dès lors qu’une demande est formulée. Ce principe a été consacré par plusieurs décisions de la CJUE et du Conseil d'État.


Attention toutefois : Google applique ce droit uniquement dans l’Union européenne, ce qui laisse visibles les contenus dans le reste du monde. C’est pour cela que le formulaire RGPD est souvent insuffisant pour les victimes de harcèlement global.


3. Jurisprudence européenne : Google comme acteur responsable


En 2014, l’arrêt “Google Spain” de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a posé une règle essentielle : un moteur de recherche peut être contraint de déréférencer un contenu lorsque sa présence porte atteinte à la vie privée ou à la réputation d’une personne, même si le contenu original reste accessible sur le site d’origine.


Depuis cet arrêt, plusieurs décisions en France ont confirmé ce principe et ont obligé Google à désindexer des contenus diffamatoires, des données personnelles sensibles, ou des articles obsolètes portant atteinte à la réputation d’un individu.


Les tribunaux français ont notamment reconnu :

– que le nom d’une personne est une donnée personnelle protégée,– que la diffusion d’accusations fausses, même anciennes, constitue un préjudice réel,– que les moteurs doivent retirer les liens litigieux même si le site source refuse de supprimer le contenu.


4. Jurisprudence internationale : le cas des demandes ignorées


En 2023, un tribunal canadien a condamné Google à plus de 500 000 $ pour avoir refusé, pendant plus de quinze ans, de retirer des résultats diffamatoires visant un agent immobilier totalement innocenté. Cette décision illustre un phénomène bien connu : Google rejette de manière quasi systématique les demandes, même légitimes, poussant les victimes dans des situations dramatiques.

Ce jugement montre toutefois que les moteurs de recherche ne sont pas au-dessus du droit, et que des dommages-intérêts importants peuvent être obtenus lorsque la plateforme refuse d’agir malgré des preuves évidentes.


5. L’application du DMCA : un levier extrêmement efficace


Le Digital Millennium Copyright Act (DMCA), législation américaine, permet à toute personne de demander la suppression d’un contenu dès lors qu’il viole ses droits d’auteur. Ce texte n’exige pas d’être artiste ou professionnel : une simple photo personnelle est protégée.


Dans les cas de doxxing où des photos privées sont volées et réutilisées, le DMCA devient un outil particulièrement puissant. Google y répond beaucoup plus rapidement et plus favorablement que pour les demandes fondées sur la vie privée ou la diffamation.


Le DMCA permet souvent d’obtenir une désindexation même lorsque Google refuse les autres démarches.


6. Le recours judiciaire en cas de refus répétés


Lorsqu’un moteur de recherche refuse à plusieurs reprises une demande de suppression alors que l’atteinte est manifeste, il est possible de saisir le procureur de la République ou d’engager une procédure civile. Un juge peut ordonner la désindexation immédiate des résultats, sous astreinte financière, et accorder des dommages-intérêts pour le préjudice moral subi.


Cette voie judiciaire reste particulièrement utile dans les cas de diffamation grave, de harcèlement organisé, ou lorsque le moteur oppose une résistance abusive malgré des preuves claires.


Le cadre légal protège les victimes, mais son application nécessite souvent de la persévérance et une compréhension précise des mécanismes. La combinaison LCEN + RGPD + DMCA + jurisprudence offre une panoplie solide pour forcer les moteurs de recherche à agir. Aucun moteur de recherche n’a le droit de laisser un contenu porter atteinte à votre dignité, à votre sécurité ou à votre réputation.

Une victime n’est jamais démunie. La loi, en France, en Europe et en Amérique du Nord, lui reconnaît le droit absolu de reprendre le contrôle.

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